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Review

PREMIERE LOGE – REVIEW – L’INSTANT LYRIQUE RECITAL – PARIS

Outre la beauté du timbre, égale sur l’ensemble de la tessiture, c’est la technique de la chanteuse qui éblouit, lui permettant une grande variété de couleurs ainsi qu’un superbe jeu de nuances, la voix, très longue, étant capable du plus éclatant crescendo comme du plus subtile diminuendo. (...) La maîtrise technique de la chanteuse se double par ailleurs d’une grande sensibilité, permettant de donner à chaque page interprétée sa propre couleur et l’atmosphère idoine...

L’Instant Lyrique de MARINA REBEKA fait chavirer la Salle Gaveau !

 

Stéphane Lelièvre

15 juin 2021

 

Elle avait déjà conquis le public de L’Instant Lyrique en avril 2019, dans un programme à l’éclectisme étonnant (Schubert, Fauré, Wagner, Gounod, Verdi,…). Elle revient cette fois-ci dans un récital italo-russe entièrement consacré à la mélodie.  

Le public n’a résisté ni à ce programme, ayant permis d’entendre plusieurs pages rarement interprétées (voir le détail du programme ci-dessous), ni à la voix de Marina Rebeka, particulièrement éclatante en ce soir du 14 juin.  

Outre la beauté du timbre, égale sur l’ensemble de la tessiture, c’est la technique de la chanteuse qui éblouit, lui permettant une grande variété de couleurs ainsi qu’un superbe jeu de nuances, la voix, très longue, étant capable du plus éclatant crescendo comme du plus subtile diminuendo. À deux ou trois accrocs près à peine perceptibles dans le médium, la ligne de chant se déploie, souveraine, avec une étonnante facilité. La maîtrise technique de la chanteuse se double par ailleurs d’une grande sensibilité, permettant de donner à chaque page interprétée sa propre couleur et l’atmosphère idoine: la tristesse amoureuse de la «Solitaria stanza» de Verdi (dans laquelle s’entend déjà la tendre phrase de la Leonora du Trovatore : «Infino allor sì muto»…), la poésie fraîche et délicate de la «Pioggia» ou le désespoir noir de «Nebbie» (Respighi), l’amour passionné de «Vorrei» (Tosti) ou de «Den li tcharit» (Tchaikovski) sont rendus avec la même finesse expressive.  

Si certaines pages permettent des épanchements lyriques proches du genre dramatique, Marina Rebeka réserve cependant les extraits d’opéras aux quatre bis qu’elle offre généreusement au public. Plus encore que les pages de Butterfly ou de La Wally (où la chanteuse excelle mais où elle connaît plusieurs – excellentes – rivales), ce sont peut-être l’ extrait d’Ernani (la cavatine d’Elvira, malheureusement privée de sa cabalette «Tutto sprezzo che d’Ernani ») et le boléro des Vespri siciliani qui retiennent l’attention, le chant di forza e d’agilità étant une denrée encore plus rare que le lirico spinto! Graves assurés, aigus glorieux, vocalises précises: Marina Rebeka est éblouissante dans ces deux pages, justement acclamées.  

C’est un public debout qui salue et remercie la chanteuse, ainsi que le pianiste, Mathieu Pordoy, admirable de précision, de musicalité et de complicité avec sa partenaire.  

Un détail, pour finir: à l’issue du concert, Richard Plaza offre un bouquet à Marina Rebeka ET à Mathieu Pordoy. À l’heure où nous nous appliquons à respecter au mieux l’égalité femmes/hommes, rarissimes, hélas, sont les théâtres à avoir cette délicatesse… 

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Marina Rebeka incarnera La Vestale/em> de Spontini l’an prochain dans un concert organisé par le Palazzetto Bru-Zane, avec une distribution éclatante (Stanislas de Barbeyrac, Tassis Christoyannis, Aude Extrémo, Nicolas Courjal, Christophe Rousset): un spectacle à ne pas manquer!

 

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